Projet d'établissement

Cadre général du projet d'établissement

Le service public d'enseignement artistique assuré par l'EEA repose sur une conviction forte : les enfants qui se sentent valorisés par des pratiques artistiques, associant concrètement travail soutenu et plaisir, apprennent non seulement à pratiquer des arts mais aussi à se valoriser, à coopérer ensemble, et à réinvestir dans l'activité de leur choix ce qu'ils ont expérimenté au cours de leur formation artistique. 

 

Les enseignements artistiques ont un coût pour la collectivité. Mais il serait paradoxal que la collectivité n'investisse que dans le développement économique, sans armer ses propres enfants pour leur vie future, ce qu'est le mieux à faire l'enseignement artistique dès le plus jeune âge, car il enseigne, notamment en musique, un langage universel, accessible à tous (ou presque) facteur de développement personnel et d'intégration sociale. Les pays anglo-saxons qui prônent par-dessus tout l'efficacité économique, s'attachent à tous les niveaux, de l'école élémentaire à l'université, à favoriser les pratiques artistiques et sportives. C'est qu'avec pragmatisme ils ont compris que la stimulation de l'intelligence repose sur le développement de l'énergie (les pratiques sportives) et de l'inventivité (les pratiques artistiques), deux composantes qui donnent le goût du travail et de la coopération sociale. 


Les enseignements artistiques apportent des éléments essentiels au développement de tous les jeunes et à l'accompagnement de leur vie d'adultes :

- ils font sentir dès le plus jeune âge la corrélation entre travail et valorisation de soi,

- ils donnent le goût du perfectionnement, le goût de continuer à apprendre et à progresser,

- ils incitent à découvrir et à inventer des formes à partir d'un matériau de base.

Tout cela forme les jeunes au monde d'aujourd'hui, les prépare puis les accompagne dans ce que sera leur vie.


L'EEA a, par conséquent, adapté en profondeur sa pédagogie, pour répondre à cette analyse de sa fonction au sein de la collectivité. Son projet d'établissement s'articule autour de quatre pôles :

  1. une éducation artistique donnée à tous les enfants scolarisés du secteur, ces cours assurés par des enseignants de l'EEA, intervenants scolaires, sous la direction du professeur de chaque classe, sont intégrés au projet pédagogique de la classe, ils se déroulent dans toutes les écoles primaires du secteur;
  2. des parcours personnalisés d'enseignement artistique qui donnent la priorité aux pédagogies de groupe dans les différentes esthétiques : "musiques actuelles", "musiques traditionnelles", "musiques classique et contemporaine". Des cours individuels sont proposés, en plus des cours de formations musicales, à ceux qui veulent pratiquer de façon intensive;
  3. la formation et l'accompagnement des pratiques amateurs locales;
  4. la participation à la vie culturelle locale.



Enjeux pédagogiques

Que recherche-t-on en mettant en place des formations artistiques ?

- apprendre dès le plus jeune âge à se valoriser et à s'intégrer, par un travail régulier de ses capacités d'expression;

- développer le goût et la créativité du plus grand nombre.

 

Ainsi ce que nous voulons transmettre à nos élèves est d'abord la capacité de jouer avec les formes d'expressions, d'apprendre à apprendre, de tracer son propre chemin au travers des œuvres. 


Comment parvenons-nous à réaliser ces buts?

La question est trop souvent effleurée et laissée sans autre réponse que des bonnes intentions : "on va développer le goût de nos élèves", "on va stimuler leur curiosité", "on va leur donner le sens de l'effort et de la valorisation qu'il induit", etc. Chacun sait que ce genre de déclaration, au demeurant sympathique, n'est pas forcément suivie des faits.

Il nous faut donc clairement répondre à la question : "par quels moyens pouvons-nous parvenir à développer chez nos élèves l'autonomie, le goût, la curiosité, l'esprit de groupe..."?

Le mécanisme fondamental de l'apprentissage et de l'évolution personnelle est le mimétisme ou l'imprégnation (l'anthropologie le souligne pour notre espère humaine, mais l'éthologie le montre aussi à l'oeuvre chez les animaux) . Les enseignements artistiques sont les plus à mêmes de réaliser les buts dont nous parlons, parce que les langages qu'ils développent sont les plus simples. Chacun peut se les réapproprier. Dès la petite enfance on peut "jouer" avec la voix ou les sons, par exemple, d'un piano, mais aussi avec les couleurs. Par conséquent c'est par l'exemple que nous pouvons développer chez les enfants la créativité, la valorisation de soi, le goût pour le travail et la coopération avec les autres.


Comment les enseignants en musique développent-ils le goût pour les oeuvres belles? en étant eux-mêmes sensibles, et si possible hyper-sensibles, à la beauté, au moment du cours, et en le laissant paraître.

Comment les enseignants en musique peuvent-il développer la curiosité de leurs élèves? en étant, en la présence de leurs élèves, eux-mêmes curieux de nouveaux morceaux, de nouvelles formes. C'est pourquoi l'EEA encourage les élèves à proposer le répertoire sur lequel ils vont travailler, et ce n'est qu'en réponse à ces propositions que les enseignants, à leur tour, font des propositions complémentaires.

Comment vont-ils enseigner à être autonome? en faisant du cours le temps où on se donne des règles et où on joue avec, et naturellement en étant, en tant qu'enseignants, les premiers à jouer avec, et avec leurs élèves.

Comment l'enseignant permet-il à ses élèves d' "apprendre à apprendre"? En apprenant lui-même durant ses cours! Cela peut sembler paradoxal, mais ce ne l'est pas. Si le but, à un moment donné, est précisément de développer cette capacité d'apprendre à apprendre, tout ce que l'enseignant doit faire est de trouver un texte qu'il ne "comprend" pas, ce qui en musique signifie un texte qu'il n'apprécie pas, et durant le ou les cours, il doit parvenir, avec ses élèves, à jouer ce texte de telle sorte qu'il en découvre lui-même, et avec eux, l'intérêt et la beauté. Alors il aura appris en enseignant, mais surtout il aura contribué à "apprendre à apprendre" à ses élèves.


Nous enseignons, c'est à dire nous faisons passer, nous transmettons, ce que nous expérimentons en faisant le cours, ce que nous vivons ici et maintenant, avec nos élèves. Il nous arrive, alors que nous croyons avoir enseigné un morceau d'avoir en fait enseigné l'enthousiasme, la persévérance, la méthode, et c'est le mieux, ou au contraire d'avoir enseigné l'ennui ou l'agacement, et c'est ce que nous ne voulons pas.


Ce mécanisme d'enseignement n'est pas réservé aux enseignements artistiques. Il est tout à fait possible d'appliquer ceci au cours de mathématiques, mais il est évident que la maîtrise des éléments mathématiques est beaucoup plus élitiste que celle des éléments sonores, visuels ou dramatiques : jouer avec les concepts mathématiques est du même ordre que jouer avec les sons, ou avec les formes, c'est simplement réservé à ceux qui ont intégré ce langage.

C'est pourquoi il faut souligner le rôle primordial de l'enseignement artistique et notamment musical, qui, avec les éléments les plus accessibles dès le plus jeune âge : sons, mouvements... est à même de proposer à tous des voies de développement qui n'auront d'autres limites que celles du désir et de la volonté de chacun.



Contexte géographique

Situé en milieu rural, l'Etablissement d'Enseignement Artistique rayonne sur l'ensemble de la communauté de communes par son implication dans les projets pédagogiques des classes des écoles primaires du secteur, c'est à dire pour l'éducation artistique en milieu scolaire; mais, pour ce qui concerne les formations initiales, l'EEA n'intervient que sur un secteur restreint, les élus ayant choisi de soutenir les enseignements dispensés au sein de plusieurs communes par des associations, à Brûlon et Saint Denis d'Orques, à Noyen, à Chantenay - Villedieu.

L'EEA joue donc la carte de la complémentarité en favorisant prioritairement les enseignements qui ne sont pas proposés par les associations musicales locales.

 

L'EEA adhère au Schéma Départemental des Enseignements Artistiques (SDEA) et fait partie du secteur Vallée de la Sarthe, dont l'établissement ressource est le Conservatoire de Sablé sur Sarthe.